Quitter le Québec !

Il y a quelques mois, le Ministre de l’Éducation du Québec a déposé à l’Assemblée Nationale un projet de règlement visant à resserrer les règles entourant la loi sur l’école-maison dans le but d’abolir une fois pour toute l’existence des écoles religieuses illégales. Ainsi, un matin du mois de mars, M. Roberge, tel un vaillant guerrier, a annoncé qu’il sauverait et protègerait tous les enfants qui ne sont pas dans le système scolaire afin de s’assurer de la sécurité de chacun d’entre eux dès la mise en fonction du règlement en date du 1er juillet ! Après tous, les enfants appartiennent au gouvernement ! (sic!!!) Pour résumer, le règlement de M. Roberge nous impose donc : le suivi du programme québécois, la progression des apprentissages, et les examens ministériels. Exit les possibilités d’apprentissages alternatifs : Unschooling, Waldorf, Montessori, ou de suivre un programme américain ou européen, etc…. Exit aussi le respect du rythme d’apprentissage de nos enfants puisqu’ils devront atteindre les mêmes objectifs que ceux qui vont à l’école ! L’obligation de passer les examens ministériels ne fait aucun sens puisque les enfants d’école-maison ne seront pas préparés à ces examens comme le sont ceux qui vont à l’école. De plus, la note des examens ministériels des enfants scolarisés ne compte que pour un faible pourcentage du résultat final. Pour les enfants d’école-maison cette note aux examens ministériels comptera pour 100% de la note finale… de quoi faire friser les oreilles de bien des parents et des jeunes ! Les examens ne sont en rien représentatifs des apprentissages de nos enfants. Ils se concentrent sur une infime dose de connaissances alors que les apprentissages sont gigantesques, inter-connectés et d’une richesse infinie ! Seuls, et encore, les portfolios peuvent donner une idée plus juste de ce que les enfants ont appris dans leur année. Qu’à cela ne tienne, M. le Ministre met tout le monde dans le même panier. Pour éradiquer les écoles religieuses illégales, il met tout le monde au taquet ! Que fait-il donc des enfants à défi ? ceux qui ont un spectre de l’autisme, ou une dyslexie, ou des problèmes de santé mentale, ou bien encore ceux qui ont un haut potentiel, ou ceux qui ont déjà de grandes capacités dans un domaine très précis, et j’en passe ? L’idée de l’école-maison est d’accompagner nos enfants dans leurs besoins et leurs intérêts… donc de fonctionner à l’opposé du système scolaire !

La loi 144 votée par le précédent gouvernement, encadre déjà les familles d’école-maison. Chaque famille doit au début de l’été déclarer ces enfants pour l’année scolaire qui s’ensuit, présenter un projet d’apprentissage puis en milieu d’année présenter un bilan de mi-parcours, rencontrer (en personne ou par téléphone) une personne-ressource du Département d’École-Maison, présenter un bilan de fin de parcours en fin d’année et enfin offrir une évaluation de nos enfants soit par portfolio, soit par un évaluateur professionnel. Les familles d’école-maison sont donc déjà très encadrées mais peuvent encore offrir des éducations alternatives à leurs enfants. Il a donc été possible pour les Caboches, par exemple, de poursuivre leurs apprentissages naturels tout en répondant aux critères exigés par la loi 144. Désormais, il va falloir continuer de répondre aux exigences de la loi 144 mais en plus, répondre à chacun des critères du règlement de M. le Ministre. Enfin, le couperet tomba lorsque M. Roberge annonça que le Unschooling était illégal !

Les semaines qui suivirent toutes ces annonces ont été pour nous ardues. Nous étions propulsés dans des réflexions intenses sur ce que nous étions prêts a accepter ou pas. Les enfants, premiers concernés, étaient eux aussi aux prises avec des questionnements, des doutes, des craintes et des désirs. En y pensant bien, ce qui fut difficile ne fut pas tant le choix à faire mais bien la gestion de toutes les conséquences qui pouvaient venir avec  ce choix. Que nous choisissions de rester au Québec allait forcément à l’encontre de nos convictions éducatives, toutefois, humainement, professionnellement et géographiquement, nous étions bien ! Que nous choisissions de quitter le Québec impliquait des conséquences professionnelles, un autre déménagement, quitter un merveilleux réseau social d’école-maison, une non-garantie d’avoir accès à une maison militaire, la mise en vente de notre maison louée à Québec, mais une cohérence avec nos convictions éducatives.

Après des hauts, des bas, des peut-être que, des je ne sais pas, des possibilités de démission, des communications avec les supérieurs militaires, des acceptations de compromis, des refus d’obtempérer, des possibilités à l’Est, à l’Ouest, au Nord, nous avons choisi de traverser le pont et avons accepté une deuxième offre de mutation à Borden en Ontario ! La seule vraie motivation de ce changement : conserver notre liberté éducative, nos droits en tant que parents de faire l’école-maison à nos enfants tout en respectant leur rythme, leurs besoins et leurs intérêts. L’Ontario répond à 100% à ce critère !

Nous quitterons donc le Québec le 12 Août 2019, un an après avoir emménagé sur la rive-sud de Montréal. Un nouveau chapitre débutera dans la magnifique région de la Baie Géorgienne.

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