Laissons le temps au temps !

Je n’impose pas à mes enfants une quelconque forme d’apprentissage ni un moment d’apprentissage. Je les accompagne comme je peux dans leurs intérêts, je profite des instants du quotidien pour répondre à leurs interrogations, je les supporte dans leurs découvertes et raisonnements et par dessus tout je tente de leur offrir l’accès aux ressources inépuisables à travers la culture, les sorties, les activités, les livres, les multimédias, les moments de partage avec les amis, etc…

En acceptant le fait que les apprentissages naturels sans intervention sont le meilleur outil qui nous soit offert pour évoluer et apprendre au sein de notre environnement, cela nous permet de nous placer en tant que témoin de ces apprentissages parfois surprenants et déstabilisants.

Le jour où une de mes caboches a démontré de l’intérêt spontané pour les lettres et les mots, je lui ai offert le livre du Village des Sons. Nous avons alors passés plusieurs jours, page par page, à lire les aventures des lettres au Village des Sons. Puis, l’intérêt s’est estompé durant plusieurs semaines pour finalement apparaître de nouveau sous d’autres formes : à travers le jeu, à travers l’environnement, à travers les dessins, la création. C’est alors que ma petit caboche réalisant que les mots faisait partie intégrante de notre environnement et qu’ils étaient indispensables à un bon fonctionnement dans notre société s’est mise à voir des lettres et des sons partout ! Sur des enseignes de magasin, des panneaux d’indications, des reçus, des partitions, des livres de recette, des emballages, sur des jouets, des règles de jeu, l’ordinateur, etc…

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Puis est venu l’envie d’écrire. Lentement, graduellement… c’est bien pratique de savoir écrire soi-même « Pour Papa » sur son dessin ou « Je t’aime Maman » sur un bout de papier glissé sous l’oreiller. Simplement… lentement… travers le jeu, mon fils a mis en place des mécanismes lui permettant d’écrire un mot en alignant des lettres. Ainsi son prénom fut le premier mot écrit… puis, des mois plus tard, l’envie d’écrire les prénoms de ses soeurs s’est avéré nécessaire lors d’une mise en scène de facteur ou autre jeu de livraison dont je n’ai pas saisi tous les tenants et aboutissants.

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Évidemment le processus d’apprentissage mit en branle n’en est qu’à ses débuts… et je réalise encore que les quelques fois où, doutant vaguement de la position de mes choix, je me lance dans une légère tentative : « Chéri ! Que dirais-tu que l’on fasse un peu d’écriture ?! » il est évident que c’est un échec total ! Mon enfant acceptant sans grande conviction et abandonnant après 2 minutes ou bien carrément refusant ma proposition… il va de soi que mon plan tombe à l’eau puisque ce dernier répond à mes propres besoins et non à celui de mon rejeton.

La beauté des apprentissages autonomes est celle d’assister à la magie issue de ces mécanismes naturels et non de vouloir provoquer ou accélérer les choses. Accepter que son enfant ne saura peut-être pas lire à 6 ans, ni écrire, ni poser sur cahier le raisonnement d’une résolution de problème de base est un pas immense dans la réussite d’une approche unschooling. Ceci étant dit, au delà de ça, il faut savoir constater et admirer toutes les autres aptitudes que le dit enfant possède, et croyez-moi il y en a trop pour les nommer.

À mon humble avis, entre autres, un enfant capable d’exprimer ses émotions, d’écouter ses propres besoins mais aussi ceux des autres, de participer à la résolution d’un conflit entre amis ou dans la fratrie, de faire preuve d’empathie, de faire des choix en adéquation avec ses valeurs personnelles, de refuser l’influence, d’accepter sa différence est aussi sinon plus important que n’importe quelle connaissance académique. Apprendre à vivre ses émotions, à les comprendre et à comprendre celle des autres est autrement plus difficile que de résoudre une équation. Apprendre à s’accepter tel que l’on est à 12, 10, 6 ans est pour moi la preuve d’une réussite pour l’avenir.

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Un temps pour chaque chose… chacun de mes enfants comble son ignorance au moment où il a besoin d’une connaissance… et cela va bien au delà des matières scolaires, cela concerne tout ce qui anime notre monde… notre vaste monde. Nos connaissances ne sont pas faites pour être mises dans des petites boîtes, elles sont toutes inter-reliées et sont faites pour se connecter les unes aux autres tel un réseau.

Enfin, tout est connecté mais tout ne se fait pas en même temps… je me souviens lorsque mes enfants étaient plus jeunes, avoir souvent lu et entendu qu’un bambin ne peut pas apprendre à marcher et à être propre en même temps… il se concentre sur une chose… il va de soi que c’est à moitié juste puisque l’enfant ne fait pas qu’apprendre à marcher mais il découvre aussi son univers, touche les textures, manipule, observe, etc… bref, il est sur-stimulé ! Son cerveau s’occupera de la propreté plus tard. Il en est de même pour les enfants plus vieux et toutes les connaissances et savoirs qu’ils pourront acquérir au fil de leur vie.

Que me reste-t-il à faire alors ? tout semble si simple… et bien il me reste à accompagner mes enfants et à leur offrir le plus de possibilités pour trouver réponse à leurs questions mais aussi établir avec eux une relation de confiance, saine et stable en dé-tricotant le schème de la hiérarchie parentale et de l’autorité. Cependant, ne vous détrompez-pas, le unschooling est loin d’être une mince affaire et c’est probablement le projet le plus exigeant dans lequel je me suis lancée puisqu’il me confronte régulièrement à mes valeurs ancrées d’éducation. Le unschooling me demande de répondre aux besoins différents de 4 enfants et il m’amène à apprendre à penser en dehors de la petite boîte conventionnelle du parfait parent-citoyen.

Les apprentissages libres et autonomes sont, selon moi, les apprentissages les plus durables, les plus solides et les plus enrichissants. L’enfant construit ses savoirs, se bâtit une manière de penser différente, il n’est pas modelé ni façonné, il ne répond pas aux attentes extérieures…

Les caboches se construisent à leurs rythmes des bases solides en adéquation avec leurs besoins du moment et surtout ils entretiennent une relation authentique avec eux-mêmes.

Laissons le temps au temps… rien ne presse sinon d’être heureux !

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