Des maux qui flirtent avec les mots.

Dans une seule et même journée, les opportunités d’apprentissages sont multiples et parfois même trop nombreuses. Chaque moment est différent et apporte une énergie variable. Un événement peut tout chambouler pour finalement sombrer dans l’inexistence et laisser place à un autre instant, totalement différent.

Apprendre à vivre nos émotions ne s’enseigne pas. Ça se vit. Ça se ressent. Je me souviens enfant, nombre de fois où je gardais caché tout au fond de mon coeur, une blessure, une émotion, blotties au chaud et qui prenaient racine dans le plus profond de mon être pour finalement laisser des traces parfois permanentes. J’aurais tant voulu être écoutée, consolée, épaulée. Personne n’avait le temps. Les grands s’affairaient à leurs priorités et moi je devais courir entre le service de garde et l’école, les activités sportives et artistiques etc… Je n’étais, après tout, qu’une enfant.

Fils et filles de militaire, nos Caboches ont  vécu de grands moments de vives émotions. Moi de même. Des départs intempestifs, des retours incertains, des quotidiens sur le qui-vive attendant durant plusieurs jours le fameux appel qui nous annoncera le grand départ de l’homme de la maison. Cet homme, référence de solidité, de courage et de protection dont la place au sein de notre famille est infiniment nécessaire à l’équilibre de notre tribu mais également à l’équilibre de chacun des membres la composant.

 

Le père des Caboches s’est absenté plusieurs semaines au printemps pour venir en aide aux sinistrés des inondations à Montréal. À peine trois semaines après son retour, il a été appelé à partir en Colombie Britannique pour participer à une opération militaire afin d’aider les sinistrés des feux de forêts. Les semaines se sont écoulées, l’été a passé puis il est revenu. Enfin, trois semaines après son retour, il a été amené à partir en Barbade afin de gérer les catastrophes dues aux ouragans dans les Caraïbes.

Les déceptions, les chagrins, les colères, les incompréhensions font partie de la vie. Nous devons les ressentir, les vivre, les laisser s’exprimer pour nous permettre de retrouver le point d’ancrage de nos vies.  Il était indispensable pour moi que mes enfants puissent exprimer leurs sentiments. Il était tout aussi indispensable de leur offrir toute la stabilité que j’étais en mesure de leur donner. Il y eut des moments magiques, inoubliables, gravés dans nos mémoires mais avec, malgré tout, un soupçon d’aigreur de ne pas avoir pu partager ces tranches de vie avec leur papa. Des énièmes anniversaires manqués, des sorties et des activités qui auraient été mille fois plus scintillantes en la présence de leur père.

Puis arrivaient les moments explosifs, les fois où les maux prenaient la forme des mots pour enfin trouver la porte de sortie et éclater en larmes de chagrin. Des larmes d’amour et de souffrance. Des larmes de ras-le-bol, d’injustice. Des larmes reflétant la douleur de l’absence. Chaque Caboche a réagi à sa manière, parfois de manière instantanée dès le départ, parfois des semaines plus tard, dépendamment de leur personnalité et de leur âge. Qu’importe, ils ont avancés sur le long chemin de leur Vie.

C’est ça aussi l’école de la Vie. Tout n’est pas parfait. Tout n’est pas toujours magique et extraordinaire. Je suis cependant convaincue que de laisser place à ce que l’on traverse intérieurement est un grand apprentissage. Prendre le temps de pleurer, de crier, de taper dans le sac de boxe, de nommer, c’est aussi apprendre à vivre, apprendre à grandir. La douleur des maux, une fois extirpée de notre âme, laisse place à une splendide fleur : la résilience. Alors nous avons vécu…  et grandi… durant les derniers mois… d’où notre discrétion sur le blogue.

3 réflexions sur “Des maux qui flirtent avec les mots.

    • dothy15 dit :

      Merci ma belle ! Il est actuellement présent, alors tout le monde se porte bien. J’avais besoin d’écrire en seulement quelques lignes les derniers mois. Pas de départ de prévu pour les prochaines semaines mais la constante incertitude d’un départ non prévu et intempestif ! Je pense à vous. Bisouxxxx

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