Mais n’avez-vous pas peur d’en faire des adultes associables ?

img_6721« En ne fréquentant pas les milieux scolaires, mes enfants sont associables, asociaux et insociables ! C’est ça le unschooling… les enfermer à la maison, pour les garder rien que pour soi ! De toutes façons, on n’aime pas les gens ! On est comme une secte, repliés sur nous-mêmes et on adore danser autour du feu en fumant le calumet de la paix ! »

Malheureusement, parfois, c’est bien cette vision erronée et totalement loufoque que la société nous attribue.

Trêve de plaisanterie ! Mes enfants sont… timides à leurs heures, parfois gênés mais certainement pas asociaux, ni associables, ni insociables !

Cette remarque sur la socialisation de mes enfants est probablement l’inquiétude qui m’a été le plus souvent rapportée quant au fait de ne pas les envoyer à l’école.

L’école et la garderie… ces micro- sociétés indispensables au bien-être social de nos enfants !

Parait-il qu’il faut les mettre en garderie le plus tôt possible pour qu’ils socialisent ! C’est bon pour eux… il faut qu’ils apprennent à interagir avec les autres très tôt, sinon, ô comble de malheur, ils pourraient avoir des difficultés d’intégration plus tard ! On nous fait croire que le meilleur pour nos enfants est de les retirer le plus rapidement possible de la bulle cosmique familiale si rassurante pour les placer en garderie afin de mettre toutes les chances de leur côté quant à leur développement social ! Vraiment ?! On nous fait croire que l’apprentissage de la Vie se fait sur les bancs d’école… Alors plus ils iront tôt mieux ce sera ! Vraiment ?! La société a réussi à nous donner la conviction que les bébés et les enfants n’ont pas besoin tant que ça de leurs parents…

Dans nos peuples, la grossesse et l’accouchement sont considérés comme relevant de la médecine au lieu de les considérer comme des états naturels où la confiance doit être le ciment de cette expérience unique et mystique. Dans nos peuples, nous ne portons pas nos bébés nous les déposons dans toutes sortes d’accessoires qu’on a réussi à nous vendre comme étant indispensables à notre quotidien de parents. Dans nos peuples, nous n’allaitons pas ou peu car on a réussi à nous faire croire que de donner le sein à son bébé était dégradant et que le lait maternisé était d’aussi bonne qualité que le lait maternel. Dans nos peuples, on ne dort pas avec nos enfants car on a réussi à nous donner la certitude que si on leur offrait toute la sécurité émotionnelle et physique dont ils ont besoin à la période la plus fragile de leur vie, on en ferait des enfants capricieux et dépendants. Dans nos peuples, on ne garde pas son bébé ou son enfant avec soi, on le place dans des institutions cadrées et pré-formées, hermétiques à l’infini des possibles. Dans nos peuples, on catégorise tout. On sépare le travail du loisir et donc du plaisir. On sépare les gens par groupes d’âge, par compétences, par centres d’intérêts, etc…

Tout ceci a-t-il un sens ?

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Mes enfants n’ont pas connu la garderie, ou à peine pour les deux plus vieilles. Ils ne vont pas ou plus à l’école…. et OUI ils socialisent… ils socialisent avec tout le monde indépendamment de l’âge, du sexe, de la couleur de peau, du poids, de la différence ou des intérêts. Ils ne sont pas obligés de ne fréquenter que les enfants du même âge comme dans une classe. Ils baignent dans différents milieux et évoluent dans différentes sphères. Ils peuvent avoir autant d’intérêt à converser avec un adulte que d’aller jouer avec un enfant plus jeune. En dehors des murs de l’école, il y a une vie… et dans la vie, nous ne côtoyons pas que des gens identiques à nous. Ce que l’école nous fait croire avec son principe de socialisation est un leurre… elle n’a pas l’apanage des apprentissages sociaux. L’école et la garderie ne sont pas l’unique manière de socialiser. La socialisation se fait dès la naissance du poupon… par le contact des yeux, de la peau, par le son de la voix, par l’amour des gens qui l’entourent, etc… tout comme l’apprentissage se fait dès la naissance (ou même intra-utérin mais là c’est un autre sujet !) tel un processus naturel et ingénieux que la société nous empêche de conscientiser ! Dans la mesure où l’enfant naît dans un environnement social, celui-ci socialisera… nul besoin d’institutions gouvernementales ou privées pour gérer ce qui se fait déjà naturellement !

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Nos enfants ont d’abord et avant tout besoin de leur mère, de leur père. Ils ont besoin de leurs frères et soeurs si tel est le cas. Ils ont besoin de la famille élargie, puis des amis etc…  Ils ont besoin d’un environnement riche d’amour et de magie. Ils ont besoin de NE PAS couper le fameux cordon que la société se targue tant de faire le plus tôt possible pour créer des individus monochromes. Nos enfants sont notre continuité et c’est, à l’inverse, en les laissant explorer peu à peu, à leur rythme, le vaste monde qui les entoure tout en leur garantissant notre chaleur, notre amour et notre présence constante et perpétuelle, qu’ils seront des adultes sociables, confiants, heureux, respectueux et autonomes.

img_6752Pourrions-nous simplement prendre le temps de les observer grandir ? De profiter d’eux, de leur compagnie, de leur intelligence, de leur drôlerie, de leur amour ? au lieu de constamment avoir en tête : « j’ai hâte qu’il sorte de mon ventre ! », « Quand va-t-elle enfin marcher ? », « Vivement qu’il parle ! », « Vivement l’école ! », « Quoi ? Elle a 2 ans et ne sait pas compter en anglais ? » etc… La vie est courte et nos bambins ont ce pouvoir de profiter de leur état naturel d’être, tel qu’ils sont ici et maintenant, et non ce qu’ils seront l’an prochain, dans 10 ans ou à l’âge adulte.

 

Socialiser c’est apprendre à vivre en groupe… et les enfants apprennent tout le temps et ce depuis le commencement.

8 réflexions sur “Mais n’avez-vous pas peur d’en faire des adultes associables ?

  1. Isabelle Lord dit :

    Vous avez raison et votre phrase : « il y a une vie en dehors de l’école », me parle beaucoup. Je l’ai répété souvent à mon fils pour qui l’école était presque un enfer. J’admire votre courage et je crois en votre façon de vivre. Une seule question me vient quand je vous lis: de quoi vivez-vous? Je veux dire financièrement. Il faut bien payer ses comptes! Mais bon, j’aurai peut-être la réponse en vous lisant.

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    • dothy15 dit :

      hahaha mon époux travaille et gagne suffisamment bien sa vie pour que nous nous permettions ce style de vie. Cependant, nous sommes en pleine transformation et questionnement sur notre consommation. Nous nous dirigeons pas à pas vers une plus grande simplicité… à suivre dans mes articles futurs. Au plaisir et merci pour votre commentaire.

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  2. Annie dit :

    Superbe!!! Tout ce que tu dit, nous le croyons fermement! Et c’est ce qui nous a poussé plus rapidement que prévu à notre grand départ!! Simplicity is the ultimate sophistication – Da Vinci

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  3. Mauclaire Pauline dit :

    Bonjour,
    après avoir vu le film « être et devenir », mon conjoint et moi-même (tous deux enseignants) avons été bouleversés par ce documentaire qui a remis en question notre vision de l’apprentissage. Nous sommes aujourd’hui convaincus du bien fondé de l’apprentissage libre mais (car il y a un mais de taille que l’on n’évoque jamais) il y a une contrainte qui est énorme. Dans le film tous les parents semblent être à l’abri des besoins financiers basiques (payer un loyer, se chauffer…) et tous ne travaillent pas . Je déplore que cette merveilleuse vision de l’être humain ne puisse se concrétiser que dans des milieux aisés. Personnellement nous sommes à la recherche de parents qui auraient les mêmes aspirations que nous pour leur(s) enfant(s) afin de mutualiser notre temps avec les enfants mais c’est compliqué, aussi je vous pose la question en toute franchise, comment faites-vous financièrement??? Faites-vous parti de ses gens privilégiés qui n’ont pas besoin de travailler ou avez-vous trouvé une autre solution??? Étant enseignante je développe peu à peu l’idée d’une école libre dans ma classe car étant idéaliste je suis aussi profondément socialiste (voir pire mais on s’en fiche ici) et je ne supporte pas l’idée que seule la classe bourgeoise aurait un meilleur accès à l’éducation de les autres. Je crains que l’enseignement libre ne soit accessible qu’aux enfants issus de familles aisées mais j’espère que vous me contredirez. Librement. Pauline.

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    • dothy15 dit :

      Bonjour Pauline ! Non l’enseignement libre n’est pas qu’une affaire de gens aisés. Plusieurs familles sur les réseaux sociaux et dans les groupes de rencontres ont des moyens plus limités et trouvent malgré tout un consensus pour choisir ce style de vie. 😀

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