Cet instant où tu perds… patience !

Vous l’aurez compris, le unschooling est une philosophie de vie à des années lumière de celle de notre société. Elle s’apparente, avant tout, à un retour vers soi pour les parents…. les enfants sont naturellement eux-mêmes mais nous, parents, devons nous déscolariser. Ce retour vers soi est loin d’être une évidence en ce qui me concerne. Probablement trop bien éduquée, répondant parfaitement aux critères de ce que nous attendions de moi, je dois alors faire preuve d’une grande introspection afin de mieux saisir les raisons qui peuvent, dans certaines situations, me rendre réfractaire au changement et garder douloureusement le pli de mes anciennes et traditionnelles  réactions. Il arrive à l’occasion que j’en veuille à mes parents de m’avoir transmis ce cadre rigide qui, dans le cheminement que j’emprunte, me donne tant de difficultés à dépasser certaines de mes limites pour mieux interagir avec mes enfants et apprendre à lâcher-prise afin de mieux laisser circuler le flux de Vie  et la lumière qui nous anime en tant que famille.

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Ainsi, individu riche de sentiments, d’émotions et d’humeurs variables, il arrive, occasionnellement, que je perde patience à un moment de la journée…Toutes les émotions qui m’habitent se forment en un ouragan violent qui bouillonne dans mon ventre, pour remonter peu à peu jusqu’à ma gorge où le tout fini par exploser en une période de grande détresse. Les balises sont perdues quelque part dans la tempête, la solitude m’envahit, mon esprit s’embrouille et les solutions pour désamorcer la situation flottent quelque part dans le brouillard de mon inconscience. Les enfants subissent alors cette éclat d’impatience, témoins de ce que je ne voulais absolument pas leur donner comme image. Tout ce en quoi je crois vole en éclats ! Tout ce à quoi j’aspire pour moi, mes enfants, ma famille, s’efface dans les méandres de l’impatience. Arrêt sur image. La bulle d’amour et de coton éclate pour laisser transparaître à quel point je peux m’engouffrer dans l’erreur et ne pas écouter la voix de mon enfant intérieur que ma progéniture se donne tant de mal à me faire entendre. Une fois cette impatience, teintée de colère, mise au grand jour, elle peut enfin s’estomper car elle n’est plus emprisonnée à l’intérieur de mon corps. C’est alors que la petite-fille qui m’habite prend toute sa place. Je me sens ainsi honteuse d’avoir osé ne plus savoir quel chemin emprunté face à mes caboches. Je me sens coupable de m’être trompée, de n’avoir pas su… Des sentiments qui me rappellent bien des moments lors desquels j’ai ressenti le même désarroi et la même douleur face à mes parents lorsque j’étais enfant.

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Heureusement, ces moments n’arrivent pas souvent mais ils arrivent. Heureusement, ces épisodes ne représentent qu’un instant dans une journée qui ensuite peut être ponctuée de grands moments de bonheur et de joie. Cependant, j’aimerais tant effacer ces instants « diaboliques » qui, par la suite, me hantent… je ne peux m’empêcher de me questionner sur ce que je transmets à mes enfants à travers ces échecs. Ces mots de détresse qui peuvent être blessants, qui ne les a jamais dit ? C’est là que je prends réellement conscience de toute l’ampleur de notre responsabilité de parents, d’accompagnant. Et c’est là que je saisis à quel point nos enfants sont des êtres d’amour inconditionnel. Nos caboches ont la capacité de faire ressortir ce qu’il y a de plus sublime en nous mais aussi ce qu’il y a de pire. C’est leur rôle. Cependant, c’est à travers le pire que je constate que leur Amour n’a point de limite. Nos enfants nous aiment intensément, inexorablement, inconditionnellement…

Leur Amour est insondable !

Quelle admirable leçon de Vie !

Je tenais à partager ce court témoignage afin de casser un peu l’image de la famille parfaite que nous nous plaisons tant à voir chez les autres. Nous sommes tous humains… et c’est ce spectre de couleurs qui nous anime, nous rendant à la fois si instables mais aussi et surtout si merveilleux, qui créer l’oeuvre d’art unique que nous sommes tout un chacun.


L’impatience, qui parait une force et une vigueur de l’âme, n’est qu’une faiblesse et une impuissance de souffrir la peine.
Citation de Fénelon ; Les aventures de Télémaque (1699)
http://www.mon-poeme.fr/citations-impatience/#JScHP87A5dZbfHvS.99

 

4 réflexions sur “Cet instant où tu perds… patience !

  1. Charlotte Opm dit :

    Dothy tu restes quand même mon modèle de mère complète, patiente, dévouée et curieuse !! Je t’admire.
    Moi je crie victoire quand j’arrive à canaliser, mes deux petits monstres dans ma cuisine, (toute propre et belle : souviens-toi à quel point j’aime cuisiner…Sans commentaires) pour faire des petits sablés. J’ai ce sentiment de toute puissante d’avoir passer un moment avec eux ludique tout, en apprenant. Si j’avais la patience et le temps surtout, d’effectuer plusieurs fois ces moments…Je serai ENFIN mère modèle !!
    Si tu savais ma pauvre en ce moment je lutte pour pas dire « merde » tous les quarts d’heure à toutes les sauces, parce qu’on est en retard et que le grand m’a fait répéter 25 000 fois : « mets tes chaussures » et que le dernier choisit exprès le moment du départ pour me faire une belle crotte débordante !!! Enfin bref je pollue ton beau site poétique, tout en réserve et humilité pour déverser mes échecs de maman trop pressée et oppressée par la Société qui te renvoie l’image de la mère parfaite que tu ne seras jamais…;)

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    • dothy15 dit :

      Ma Chacha, on fait ce qu’on peut comme on peut, avec ce qu’on sait ! Françoise Dolto disait : « Nous sommes toutes d’assez bonnes mères ! » Ça en dit long… j’aimerais ça moi goûter à tes petits sablés :oP Je t’embrasse.

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  2. Annie dit :

    Allo Dothy! Tu viens de faire verser quelques larmes la…. Nous aurions du nous rencontrer avant notre départ en voilier pour échanger, avec les enfants, sur les enfants, sur notre façon de les voir grandir, de les guider! Combien d’entre nous ont bel et bien perdu patience, sans avoir le courage d’en parler? Félicitations ! Je n’avais pas réaliser que tu fais le unschooling… j’ai tellement de questions! Nous y pensons sérieusement… avec notre nouveau mode de vie, ce mode de vie semble parfait pour nous tous! Évidemment, avec le modèle d’éducation que j’ai reçu moi même, je me pose pleins de questions, plein d’hésitation… Au plaisir de te lire encore!

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    • dothy15 dit :

      tu peux toujours m’écrire par courriel en privé pour tes questions si je peux t’aider… et toi tu nous renseigneras quand on prendra la poudre d’escampette sur notre futur voilier ! 😉 on se croisera un jour c’est certain 😉

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