Les mots magiques ou la magie des mots…

La manière de vivre du unschooling ne s’arrête pas à l’apprentissage en lien avec les notions éducatives. Le unschooling s’étend à un mode de vie qui se base sur le respect mutuel des êtres qui composent la famille pour ensuite s’élargir  aux sphères qui composent la société. Le unschooling a, entre autres, pour précepte le simple fait que l’enfant n’est pas inférieur à l’adulte. Il est un être qui a soif d’apprendre et que, nous adultes, accompagnons afin de lui indiquer les fonctionnements et les différents signaux/codes de notre société. L’enfants n’est ni stupide ni vierge de tout raisonnement. De part son grand talent d’imitateur, il aura tendance à enregistrer et reproduire absolument tout ce que nous faisons, les bons comme les mauvais coups ! Certaines notions nécessaires à une bonne intégration en société peuvent parfois s’avérer plus lentes à être assimilées (ex: les fameux mots magiques) et d’autres actes moins élégants sont assimilés sur le champs (ex: boire directement à la bouteille ! sic) ! 🙂

IMG_5263

Je suis issue d’une famille où l’éducation à la française ressemblait plus au régime militaire qu’à la démocratie. Hors de question pour moi d’oser ne pas dire « merci » ou « bonjour » à un individu, étranger pour moi, mais qui ne l’était pas pour le parent qui m’accompagnait, sans subir la fameuse et humiliante situation où le dit parent en s’éloignant de moi, me privant ainsi de ma cachette qu’était ses jambes, m’obligeait à prononcer ces fameux petits mots magiques… moment de silence… le visage rougit de gêne… chaque adulte dans la pièce attendant le moment fatidique où je prononcerais du bout des lèvres un timide « bonjour ». Enfin prononcé, je pouvais de nouveau retrouver ma cachette et me faire aussi discrète que possible, rassurée de savoir que les adultes me laisseraient tranquille pour quelques instants et remerciant le ciel qu’on ne m’ait pas demandé, cette fois-ci, de donner un bisou ou un câlin à l’étranger.

IMG_4225-1

Cette situation, qui d’entre nous ne la pas vécue ? Indépendamment des différents caractères que chaque enfant peut avoir, du plus extériorisé au plus intériorisé, il nous est, sans nul doute, arrivé au moins une fois dans notre enfance de ne pas avoir eu envie de dire « bonjour » ou « au revoir » ou bien « s’il vous plaît » à un adulte ou bien ne pas vouloir aller dans ses bras le temps interminable d’un câlin forcé. J’ai reproduis bien évidemment le même phénomène avec mes enfants… mes filles surtout… au début de leur vie, je leur imposais le même plan d’action. Je me devais d’être une mère irréprochable avec des enfants irréprochables… d’autant plus que j’avais fait le choix de cesser de travailler pour enfiler le manteau de la « mère au foyer ».  Je n’avais donc aucune excuse, acceptant tout bonnement, sans réfléchir, de porter le poids de cette pression sociale et du regard de l’autre posé sur mes frêles épaules. Tout comme moi petite-fille, mes enfants ont rougit, ont baissé les yeux et regardé leurs pieds pour prononcer ce que moi et mon acolyte du moment attendions, parfois impatiemment.

DSC_0073Puis l’écologie de l’enfance est entrée dans ma vie : feux des projecteurs au maximum sur une réalité éducative que je croyais figée puisque je pensais qu’elle était l’unique manière de faire afin de bien s’assimiler au groupe sociétal. L’évidence ne tarda pas à arriver : SOIS LE CHANGEMENT QUE TU VEUX VOIR ARRIVER !!!! L’évidence et l’euphorie du moment laissèrent place à la difficulté et à la remise en question… car il est vrai, changer n’est pas aisé !

Je suis une personne polie et courtoise. Cependant… le suis-je constamment avec mes enfants ? De quelle façon je m’adresse à eux ? Est-ce que je leur parle toujours avec respect ? Demanderai-je à un ami un service de la manière suivante : « Débarrasse la table et file mettre ton pyjama ! »? Certainement pas… Sous quel prétexte éducatif devons-nous parler différemment à nos enfants qu’aux adultes ? Quels arguments suffisamment de taille nous autorisent à ne pas nous excuser lorsque nous bousculons malencontreusement notre enfant qui était, une fois de plus, dans nos jambes en pleine préparation du souper ? Si j’écrasais le pied de mon conjoint en traversant la cuisine, les bras chargés d’ustensiles, je m’excuserai sur le champs… si je bouscule mon enfant en plein tourbillon de la préparation du repas, n’aurai-je pas tendance à râler ? : « Oh mais c’est pas vrai, t’es encore dans mes jambes à traîner ! Vas donc jouer ailleurs, je n’ai pas le temps !!!!! ».

Et voilà que nous nous insurgeons du ton que nos enfants emploient par moment pour s’adresser à nous !? Nous nous offusquons de l’absence d’un « s’il te plaît » !? Nous somme irrités de l’ordre que le petit dernier va nous donner lorsqu’il a besoin de quelque chose !? Et que dire du fameux juron tout droit sorti de leur bouche ? Mais d’où ces enfants sortent-ils ces mauvaises manières ??? en prenant le temps de nous observer nous-mêmes et de nous écouter, l’évidence saute aux yeux !

Au lieu de les fustiger du regard, de les remettre à leur place avec rudesse ou encore de les punir, si nous commencions par changer nous-mêmes ? C’est ainsi que je découvre que le jour où ma fille me dit un « merci » spontané, celui-ci vient du coeur… il est sincère et authentique et alors il prend toute sa valeur à mes yeux. Je préfère 100 fois un « bonjour » spontané et transparent prononcé une fois que le même « bonjour » dit régulièrement mais forcé par l’adulte. De plus, le savoir-vivre en famille n’est pas représenté uniquement par les mots magiques… le « bonjour » du matin peut se faire par un câlin, le « merci » par un sourire, le « pardon » par un regard… Je ne m’attends pas à entendre un mot de reconnaissance à chaque bout de phrase de la part de mes enfants mais en étant leur mère je tente le plus souvent possible* de leur démontrer tout mon respect par la politesse des mots et celle du corps. (* « le plus souvent possible » car, effectivement, je suis humaine et suis formatée au mode d’éducation que j’ai reçu… la perfection n’existe pas, les erreurs parsèment mes semaines, mais je tombe pour mieux me relever. Prendre conscience de ses fautes c’est poursuivre le chemin de l’amélioration.)

IMG_5474Enfin, lorsque nous sommes à l’extérieur de l’environnement familial, mes enfants voient bien que je serre la main en signe de politesse, ils entendent bien les mots de courtoisie que j’échange avec autrui, ils assistent bien au respect que je donne à mon prochain en lui tenant la porte du magasin ou vice versa, etc… ce que les enfants vivent au sein de leur famille est, entre autres, la base de leur devenir en société… Amour et Respect.

MERCI de m’avoir lue jusqu’au bout. Au plaisir 😀

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s