Quand papa part…

Il y a quelques temps de cela, mon conjoint est parti sur un exercice militaire à Hawaï pour une durée d’environ 8 semaines. Nous n’en étions pas à notre première fois. Femme de militaire depuis maintenant 16 ans, deux missions de longue durée en Afghanistan, de nombreux exercices pan-canadiens,américains et internationaux, ainsi que mon expérience d’épouse et de maman autonome et indépendante font de moi une habituée de la situation. Certes !

Cependant, je sur-estimais mes capacités, les rendant indépendantes de mes émotions. J’ai enfoui mes émotions du départ de mon mari ainsi que le non-désir d’être une fois de plus seule pour l’été… j’ai rangé dans un tiroir de mon coeur ce que mon âme me disait pour montrer à mes enfants qu’ils peuvent compter sur moi… que je représente force et stabilité.

Hawaï

Photo prise par Todd Guillemette, Hawaï, juillet 2016.

Comme plusieurs d’entre nous, je me suis également mis beaucoup de pression, désireuse avant tout de protéger mes enfants de l’absence temporaire de leur père. Et que dire de la gestion de la maisonnée ! La perfection de la mère au foyer… toutes les tâches se doivent d’être effectuées même celles dont le conjoint s’occupe habituellement. C’est là que la « check list » du quotidien entre en jeu ! Le cercle infernal des choses à accomplir au détriment du temps passer avec mes enfants… mes soi-disantes priorités étaient elles si indispensables ? La réponse est non !

C’est alors que les deux premières semaines suivant le départ du paternel, les enfants devenaient à mes yeux de « vrais tyrans » !!!  Les deux plus jeunes avaient entrepris (façon de parler) de ne plus me laisser dormir la nuit. Mon fils était monté sur les piles Energizer, les mêmes que le lapin qui ne s’arrête jamais ! Il déplaçait les meubles du salon et passait ses journées à me faire des requêtes en criant. Le bébé pleurait toute la journée et les deux grandes s’étaient enfermées dans un égoïsme et un égocentrisme qui n’encourageaient ni l’entraide ni le respect ! Ajoutez à ça ma fatigue, la grande solitude des conjointes de militaire et les émotions à fleur de peau… le cocktail était parfait pour une explosion loin des chemins empruntés par le unschooling.

Perdue… j’ai demandé de l’aide. Je dois vous avouer que j’ai parlé à des femmes exceptionnelles qui ont su m’écouter et me guider vers les bonnes questions à me poser. Tout d’abord via la page Facebook « Unschooling au Québec », des femmes expérimentées m’ont aidée à ouvrir les yeux sur plusieurs éléments :

-Le premier a été de remettre en cause mes priorités, de déchirer la check list et de voir si, par exemple, de plier mon linge était vraiment une nécessité. C’est alors que j’ai redéfini ce qui était prioritaire pour moi.

-Le second a été de me faire comprendre que parfois les enfants ont plus besoin de calme à la maison que d’activités à l’extérieur. Un bon film en pleine journée, collés collés, en pyjama c’est bien aussi. Une matinée à lire des livres ensemble sous la couette, c’est chouette. Alors que je m’évertuais à organiser plein d’événements afin que le temps passe plus vite pour mes enfants mais aussi pour moi.

-Le troisième, et non le moindre, a été de me questionner sur ce que MOI je ressentais. M’interroger sur la manière dont je vivais l’absence de mon époux. Remettre en perspective le fait que j’ai le droit de vivre ses émotions qui m’appartiennent. De comprendre également ce qui faisait réellement réagir mes enfants… quelles étaient leurs peurs, leurs craintes ? et tenter de faire une corrélation avec mes propres peurs actuelles mais aussi mes peurs d’enfant. Et là… RÉVÉLATION !

Je veux également évoquer un moment de pure magie et d’authenticité avec mon amie Annie. Une femme merveilleuse qui était là au bon moment. Elle m’a lancée une bouée en m’imposant un souper qu’elle nous avait concocté afin de me décharger un peu de cette tâche que représente les repas et que je m’évertuais à refuser, muée dans une forme d’éducation et de fonctionnement qui a tendance à me faire décliner toute aide. Après m’avoir offert différentes solutions de renfort, je lui ai proposé de m’exiler une petite heure avec elle dans un café… je me souviens encore de sa réponse : « Est-ce que c’est ça qui te ferait du bien ? »… la petite heure s’est transformée en deux heures lors desquelles j’ai pu échanger avec cette femme exceptionnellement à l’écoute et laisser enfin s’échapper toutes ces émotions accumulées. Dans un partage humain et généreux, à travers un regard plus bleu que les mers du sud et rempli d’amour, ma pression pouvait enfin commencer à descendre. Annie m’avait écoutée et m’avait comprise. Je suis finalement repartie du café avec un souper végé qui avait été fait spécialement pour moi et mes enfants, il en était d’autant meilleur !

Croyez-le ou non, dès le lendemain de cette rencontre, et quelques jours après les conseils des internautes que j’ai mis en pratique, les enfants se sont métamorphosés. Les nuits perdaient de leur blancheur, bébé s’était calmé, mon fils devenait d’un calme olympien et les grandes filles me proposaient leur aide ! C’est ainsi que le bateau qui tanguait dans une mer agitée retrouvait sa stabilité dans des eaux calmes.

Je tiens donc à mettre en évidence dans cet article l’importance de la relation mère-enfant… démontrer que nos enfants sont le miroir de nous-mêmes et qu’ils sont dans nos vies « pour nous faire grandir et nous aider à guérir ».(Marilyn Rowe) Si nous n’allons pas bien, nos enfants n’iront pas bien… et je pousserai la réflexion en nous amenant à nous questionner sur nos propres angoisses d’enfant que nous avons inconsciemment tendance à transposer sur notre progéniture mais qui pourtant ne leur appartiennent pas. La connexion qui nous unit à ces êtres débute dès leur conception mais ne s’arrête pas après leur naissance ou à la fin de l’allaitement. Ils sont le baromètre de ce qui va bien ou pas.

Je souhaiterais également souligner l’utilité d’aller chercher de l’aide quand nous ne savons plus. Plusieurs parents unschooleurs sont expérimentés et apportent de judicieux conseils afin de nous amener à nous éveiller sur ce que nous ne voyons pas. Nous aider à trouver des solutions sensées en dehors du schéma classique de la hiérarchie autoritaire dans le but d’avoir une relation d’égal à égal avec nos enfants, dans le respect et l’harmonie.

Pour finir je tiens à remercier du plus profond de mon coeur la belle butineuse Annie Perron qui a su faire toute la différence dans mon quotidien.

Aussi, un immense merci à Noémi Beauchamp, Marilyn Rowe, Julie Nadeau et Geneviève Labonté pour avoir pris le temps de me guider dans la noirceur.

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« N’oublie jamais de toujours marcher du côté ensoleillé de la vie… » (ma Mamange)

 

2 réflexions sur “Quand papa part…

  1. Julie R-Bordeleau dit :

    Ce que je lis dans cet article, je l’ai vécu suite à un déménagement soudain (ah l’armée et ses surprises!!). J’en suis ressortie avec les mêmes constats que toi suite à mon cheminement avec la travailleuse sociale qui m’a offert un super support. Je n’aurais pas pensé en jaser sur le groupe de unschooling car nous ne faisons pas encore l’école- maison et je me considérais très loin du unschooling avec ma réaction vis-à-vis mes enfants et moi-même pendant cette période. Merci de la sincérité de ton article. Bonne chance pour la suite de l’exercice. Je vous envoie plein d’ondes que ça continue à être agréable!

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    • dothy15 dit :

      Merci pour ton témoignage Julie. Être sur le chemin du unschooling n’est pas toujours facile et évident surtout avec l’éducation que nous avons reçue. IL faut se donner le temps et accepter d’être humain. L’essentiel est de ne pas trop se perdre et pour cela se faire aider.

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