Sur le chemin de la DÉscolarisation…

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La déscolarisation c’est sortir du cadre éducatif que nous avons reçu. C’est de défaire notre bagage pour le refaire autrement. C’est déconstruire pour reconstruire différemment. Je ne parle pas de la déscolarisation comme le fait de ne pas aller à l’école mais bien comme une manière de vivre en dehors d’un cadre prédéfini et identique pour chacun. Et croyez-moi, voilà un exercice que je trouve, dans certaines situations, bien difficile ! J’avance à tâtons… parfois je caresse la joie du unschooling et de cette liberté de vivre et d’apprendre chacun à sa manière et parfois je retourne dans mes modes de fonctionnement. C’est exigeant puisque j’ai tendance à être dans la réaction car c’est ce que j’ai appris… au lieu d’agir, je RÉagis et dans ce cas je m’éloigne du unschooling… Deux pas en avant… un en arrière !  La journée n’étant faite que d’une multitude de moments, parfois bons, parfois moins bons, la déscolarisation m’amène à une perpétuelle remise en question :  quelle est la meilleure attitude à avoir afin de privilégier ma relation avec mes enfants ?

-Ne plus me placer en adulte autoritaire sur mes enfants mais bien m’élever à leur niveau ! (ex: « Si tu ne ramasses pas tes jouets, je ne regarderais pas ton émission préférée avec toi ! » Mais plutôt commencer à ramasser les jouets soi-même au risque de les ramasser seul sans que l’enfant ait participé.)

-Appliquer le respect auprès de mes enfants en tout temps ! Et donc, entre autres, prendre le temps de les écouter vraiment et ce en tout temps. Ne pas les considérer comme des êtres inférieurs qui ne comprennent rien, ne ressentent rien ou ne savent rien. (ex : pendant que mon enfant me raconte avec tant d’enthousiasme comment il a réussi à pêcher ses grenouilles, j’écoute d’une oreille car je suis en train d’écrire un courriel en même temps. Mettre mon activité du moment de côté afin d’être à 100% à son écoute.)

-Être réellement avec eux lorsque je les accompagne. Leur donner toute ma présence et être dans l’instant présent avec bonheur comme ils savent si bien le faire. Goûter à la joie de me connecter à mon propre enfant intérieur grâce à mes enfants. (ex : avoir un plaisir fou à monter un village de playmobils avec mes enfants ou bien me transformer en pirate d’un jour… pas toujours évident lorsque le jeu m’intéresse moins ! lol)

-Ne pas avoir d’attentes envers mes enfants et ne pas les juger. (ex : ne pas m’attendre à ce que mon enfant débarrasse sa table à la fin du repas… ou bien ne pas dire « cet enfant-là est paresseux, c’est celui qui en fait le moins dans la maison ! »)

-Faire confiance à mes enfants et me faire confiance. Constater qu’ils apprennent tout le temps ! (ex: mon fils de 4 ans ne sait pas écrire son prénom mais il sait ce qu’est un manomètre et comment ça fonctionne !)

-Plutôt que de dire « NON » : offrir des choix… offrir des choix… et offrir encore des choix ! (ex: je ne veux pas que mon enfant mange dans le lit à cause des miettes… proposer alors un aliment non salissant, ou bien apporter un plateau, ou bien lui proposer de manger à côté du lit, etc… plutôt que d’imposer obligatoirement le fait qu’il faut absolument manger assis à la table. Avant de dire « non » tenter de trouver des solutions.)

-Changer certaines de mes priorités au profit de ma relation avec mes enfants. (ex : ma maison n’a jamais été aussi bordélique… au lieu de ranger, je passe mon temps avec eux… au lieu de cuisiner seule des choses compliquées, je les invite à cuisiner avec moi des choses plus rapides et plus simples en acceptant que ce ne sera pas parfait.)

-Parler moins et agir plus ! Remplacer les fameux « fais ce que je te dis ! » par des actes qui feront preuve d’exemples. (ex : faire moi-même preuve d’une grande politesse envers eux afin qu’il fasse preuve d’une grande politesse envers moi. Je trouve que les parents ont tendance à oublier la politesse lorsqu’il s’agit de leurs propres enfants.)

-Accompagner mes enfants dans leurs expériences. M’intéresser à ce qu’ils font et apprendre avec eux ! (ex : j’ai découvert une tonne de choses sur les dinosaures, les dragons, la mécanique, la couture, etc… des sujets sur lesquels je ne me serais pas nécessairement attardée.)

-Que chaque membre de ma famille, parents comme enfants, se sente respecté dans ses choix et ses limites personnelles. Il faut alors faire preuve d’adaptation et d’imagination… cela nous ramène à un des points précédents : offrir plus de choix ! (ex : je suis fatiguée par une grosse journée et j’ai besoin de m’étendre car un mal de tête pointe le bout de son nez… par contre mes enfants désirent être avec moi. On s’accorde pour qu’ils jouent à côté de moi calmement pendant que je suis étendue sur le lit les yeux fermés. Ainsi je peux tout de même interagir avec eux sans faire preuve d’impatience et d’agacement.)

-Toujours garder en tête que l’enfant est le plus grand des imitateurs. Il enregistrera nos meilleurs comme nos pires coups et les reproduira. (ex : comment puis-je reprendre un de mes enfants qui dit une grossièreté si moi-même je prononce régulièrement ce mot ?)

-Vivre mes émotions lorsqu’elles arrivent : la colère, l’agacement, la fatigue, l’impatience, la peine, etc… laisser ces émotions être et les vivre afin de mieux les laisser partir.

-etc… nous pourrions en ajouter d’autres mais ma liste personnelle est déjà assez longue pour que je me concentre sur ses points qui sont, selon moi, les plus importants.

Le chemin de la déscolarisation peut être rapide comme il peut être plus long. Le rythme de cette phase est propre à chaque famille et personnelle à chaque individu qui compose la dite famille. Les émotions ponctuent nos états d’âme et/ou les difficultés physiques peuvent nous rendre moins disponibles et… c’est bien comme ça ! Ne pas s’ajouter de pression mais bien au contraire alléger notre quotidien à travers ses aléas… simplement accepter que nous ne sommes pas parfaits.

Le unschooling tend à nous faire retrouver la légèreté d’exister en nous permettant de nous autoriser à être nous-même. Redécouvrir les vraies valeurs, replacer nos priorités, redéfinir qui nous sommes. La déscolarisation c’est le chemin que nous devons emprunter pour être le changement que l’on veut voir dans les générations futures. Une génération de jeunes adultes heureux, accomplis, épanouis, autonomes, respectueux, confiants, responsables, autodidactes, généreux et authentiques !

Commençons alors par rire de la vie avec eux…

N.B : je tiens à ajouter que la déscolarisation concerne bien plus, si ce n’est pas dire surtout, les adultes et non les enfants qui sont naturellement et instinctivement eux-mêmes sans égard au moule idéal que l’on veut leur imposer.

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5 réflexions sur “Sur le chemin de la DÉscolarisation…

  1. Jacinthe dit :

    On peut vivre comme cela avec nos enfants même s’ils vont à l’école. Je ne comprends pas pourquoi tu appelles cela déscolarisation. C’est juste de respecter ses enfants en les considérant égaux, en étant véritablement présent. Ces attitudes et valeurs peuvent aussi se vivre dans un cadre scolaire. Si pour toi il fallait de déscolariser pour y arriver, d’autres y sont arrivés d’autres façons. On peut même enseigner en promouvant ces valeurs et façons d’être.

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    • dothy15 dit :

      Bonjour Jacinthe et merci pour ton commentaire. En te lisant je me rends compte que je n’ai pas bien réussi à faire passer mon message. Es-tu un peu familière avec le principe du unschooling ? Tout d’abord, je ne parle pas de la déscolarisation dans le premier sens du terme c’est-à-dire du fait de ne pas envoyer les enfants à l’école mais plutôt de changer mon approche avec mes enfants ainsi que notre manière de vivre et d’interagir ensemble (j’ai ajouté cette remarque dans mon article pour éviter d’autres confusions). Je pensais avoir toujours respecté mes enfants… ils ont de l’amour depuis qu’ils sont nés, ne manquent de rien, j’ai arrêté de travailler pour m’occuper d’eux et je les éduquais…. et c’est là que je remets les choses en question. Je leur imposais un cadre éducatif, qu’il soit au niveau de l’apprentissage des connaissances ou bien au niveau des principes de fonctionnement en société. J’utilisais la méthode du 1,2,3 que tu dois connaître et gérais d’une main de maître le développement de mes enfants ! Or, le unschooling ou le principe de déscolarisation c’est justement de ne pas imposer toute cette structure scolaire et sociétale mais bien de laisser l’enfant être… en ce qui concerne le fonctionnement en société l’idée est de faire confiance à l’enfant qu’en grandissant dans un environnement où il se fait respecter (c’est-à-dire le contraire de se faire diriger constamment par un adulte) et en vivant avec des adultes qui agissent plutôt qu’en dictant, il agira respectueusement. Pour être plus claire je peux te donner un exemple parmi tant d’autres : je n’exige plus de mes enfants qu’ils disent « merci » ou « svp », je le fais, je dis ces mots, ils les entendent et finissent par les dire eux-mêmes… je n’interdis pas que l’enfant grimpe sur la glissoire à l’envers dans les parcs ni quoi que ce soit tant que ce n’est pas dangereux ni pour mes enfants ni pour ceux des autres… je n’impose plus à mes enfants de ramasser leurs jouets, je le fais avec eux, ou bien je commence seule pour me rendre compte que finalement il vont me rejoindre pour ranger… etc… Mes deux premières filles recevaient de ma part un accompagnement dirigé constant. À 18 mois elles connaissaient leurs couleurs, reconnaissaient les animaux, disaient parfaitement les règles de politesse, ne sortaient pas de table tant qu’elles n’avaient pas eu la permission, etc… quelle pression !!! Tout ça est fini et je n’ai pas reproduit ceci avec mes autres enfants… ces derniers s’en portent-ils plus mal ?! non loin de là, au contraire… mon fils connait-il ses couleurs ? oui,il les a apprit seul lorsqu’il en a eu envie. Reconnait-il les animaux ? oui mais il s’en fout ! Connait-il son alphabet ? non pas encore… Il sait bien plus de choses sur la mécanique et les engins à moteurs que sur le fait de savoir compter jusqu’à 10… il n’est pas encore en âge d’être à l’école mais combien d’enfants savent déjà leur alphabet et compter jusqu’à 20 en français, en anglais et ou en espagnol… c’est bien et tant mieux pour eux ! Mais moi ce qui intéresse mon fils ce sont les moteurs… si j’avais conservé ma mentalité d’avant je ne l’aurais jamais laissé s’intéresser à ce type de sujet et je n’aurais même pas pris le temps de m’y intéressée moi-même et de partager des moments ensemble sur un sujet qui le passionne car il aurait été plus pertinent moi que mon fils apprenne son alphabet afin de le préparer pour l’école…
      Voilà, c’est un vaste sujet dont on pourrait débattre longtemps… j’espère simplement avoir été plus claire avec la réponse à ton commentaire. Merci car grâce à ta remarque j’ai pu peut-être clarifier un peu mieux le fond de ma pensée.

      Aimé par 1 personne

    • Aurelie dit :

      Je pense que tu confonds le sujet de cet article avec la parentalité bienveillante. Le unschooling est la suite logique du maternage proximal.
      Je pense qu’on ne peut parler de réelle égalité (  » respecter ses enfants en les considérant égaux ») quand on les soumet à la scolarisation; mais c’est un autre débat ! 😉

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    • dothy15 dit :

      Merci Aurélie ! C’est un sujet délicat que j’ai voulu aborder… pas évident à expliquer surtout lorsque moi-même je suis en apprentissage 😉

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